L’Affaire de la Mutinerie Caine – The Caine Mutiny Court-Martial

L’ultime film de William Friedkin, l’affaire de la mutinerie Caine, est désormais visible en France sur Paramount+. Il est brillant, prenant, lucide sur son époque et se pose comme une dernière pierre de valeur dans la carrière du réalisateur.

Adaptation de la pièce de théâtre d’Herman Wouk, qui avait déjà été adaptée en téléfilm par Robert Altman en 1981 (Ouragan sur le Caine), il présente un procès en cour martial en huis clos et en temps réel. Le lieutenant Stephen Maryk doit répondre d’accusation de mutinerie contre son commandant Philip Francis Queeg, qu’il a démis de ses fonctions alors que leur navire était en proie à une tempête. Sa défense – représentée par l’étonnant avocat Barney Greenwald (Jason Clarke) – met en cause l’état mental du commandant. Friedkin appuie la stratégie de Greenwald dans sa réalisation (plan, montage, rythme, angles de cadrage) pour changer la charge de l’accusation. Une chose contre-nature dans ce type de procès militaire. Le réalisateur de l’Exorciste renvoie ainsi habilement le spectateur à sa propre vulnérabilité à la manipulation. Une vulnérabilité accrue par l’absence de considération de tous les points de vue, l’absence d’humilité sur ses propres connaissances et le mépris de l’expérience / de l’Histoire. Une vulnérabilité à ce point omniprésente dans notre société que des institutions judiciaires centenaires – garantes d’équité et de raison – n’arrivent plus à juguler. Jason Clarke, le regretté Lance Reddick (à qui le film est dédié), Kiefer Sutherland et Monica Raymond forment un quatuor d’acteurs irréprochables. Un message testament du grand Billy à mettre devant tous les yeux.

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