The Universal Theory – Die Theory von Allem

Oppenheimer cherchait à rendre le cercle fermé des physiciens du milieu du XXème plus proche de nous. On ne peut pas en dire autant d’Universal Theory, voyage en apparence lent et austère, plongé dans le noir & blanc et une intrigue qui ne se laisse pas aisément décoder. Un premier film étrange qui a justement été doublement primé à l’Etrange Festival 2023 (Prix Nouveau Genre & Prix du Public).

Le jeune Docteur en devenir Johannes Leinhert se rend dans les Alpes suisses à un congrès de physique où il présentera sa théorie des mondes parallèles, décriée par son mentor mais soutenue par un autre professeur. Il y rencontre Karin, mystérieuse pianiste qui sait (presque) tout de lui, et des meurtres mystérieux abattent peu à peu les murs de sa réalité. Il investigue dans une atmosphère (travaillée) de film noir décalé, fausse femme fatale et flics teigneux à la clé. L’allure et le regard perdu de Jan Bülow rappellent le regretté Jack Nance d’Eraserhead. Un rapprochement peut-être pas si hasardeux car Timm Kröger tourne visiblement sous influence lynchienne. Il reprend beaucoup de motifs des films « puzzle » du créateur de Twin Peaks et propose un final qui renvoie à la loge dans une version plus scientifique. Mais Universal Theory s’émancipe à bien des niveaux. L’interpénétration des mondes est ici presque imperceptible et ce qui intéresse Kröger, plus que le mystère, est avant tout la tragédie du scientifique absorbé par sa propre théorie. Un premier essai envoutant, original et réussi.

Disponible en DVD

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑