Longlegs

La scène d’intro de Longlegs sait installer son sujet. Vous êtes une petite fille qui joue dans son jardin. Soudain, Nicolas Cage apparaît devant vous, complètement dérangé, et il part en roue libre.

Combien de psys pour évacuer un tel trauma ?

Vingt ans plus tard, Lee Harker, qui vient de rejoindre le FBI, découvre brutalement qu’elle peut avoir des intuitions proches de la divination. Après de nombreux tests, elle est recrutée par le chevronné agent Carter sur une affaire de massacres familiaux suivis de suicide qui se reproduisent sur le même schéma depuis deux décennies. A mesure que l’enquête avance, Lee reconstitue trop aisément le puzzle. Elle découvre que les faits lui sont plus familiers qu’elle ne pense. Pire, le tueur, un maniaque androgyne, dépose des indices qui laissent savoir qu’il la connaît personnellement. Son nouveau chef l’incite à chercher des réponses dans son passé, où pourrait bien se trouver la clé de l’énigme.

Longlegs est une curiosité qui réussit un grand écart périlleux entre le plus grand des sérieux et le grand-guignol, à la fois archétype du thriller horrifique post-Silence des Agneaux et objet bizarre qui flirte avec le fantastique. Le versant thriller justifie à lui seul le déroulement de l’action dans les années 90, époque où fleurissaient les tueurs en séries pervers sur nos écrans. Au scénario et à la réalisation, Osgood Perkins (fils d’Anthony « Norman Bates » Perkins, il sait de quoi il parle) a tout pour réitérer la belle performance de Misanthrope l’an dernier. Maika Monroe (It Follows) est convaincante en agent du FBI tout en étant pas surhumaine. Elle invite ainsi le spectateur à entrer dans un univers difficile tout en conservant sa droiture, même si son sang froid est mis à rude épreuve. Cette base thriller fait que Longlegs est un récit sérieux. Il est pourtant hacké par des impressions étranges, des coups de théâtre invraisemblables, et surtout par la prestation aussi malsaine qu’extrême de Nicolas Cage. Six mois après Dream Scenario, l’acteur se réinvente encore pour nous plonger cette fois dans un fantastique lynchien. Il y’a d’abord cette rencontre impromptue du début qui renvoie au récit de la rencontre fondatrice entre Bob et le meurtrier de Laura Palmer. Puis il y’a ces poupées semblables à des tulpas. La partie irrationnelle de notre cerveau comprend que quelque chose de plus grand et de plus indicible peut se cacher derrière tout ça, bien au-delà de crimes rituels liés au satanisme. Le rassemblement final ne démentira pas. Longlegs est un beau mélange de belles influences et un objet unique qu’il ne faut pas louper.

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