
Deux ans après la diffusion de la saison 2 de Yellowjackets, nous voilà de nouveau entrainés dans l’enfer vécu par des adolescentes d’une équipe de foot féminine suite au crash de leur avion dans une forêt en 1996…et celui que vivent les survivantes de nos jours lorsque leur passé vient les rattraper.
Après le final en demi teinte de la saison 2 qui nous coûta un des personnages les plus intéressants du show, le défi des showrunners était de pallier à l’élément de surprise qui pouvait encore jouer sur la saison 2, de conserver l’intérêt du show sur la partie « présent », le segment « 1990 » étant garanti d’avoir encore de beaux jours devant lui. Les premiers épisodes ne rassurent pas vraiment sur les deux époques, plus lents et répétitifs, utilisant des ressorts plus évidents que les introductions « coup de poing » des saisons précédentes. Mais il faut tenir bon car les scénaristes introduisent consciencieusement les éléments qui vont porter la suite. C’est dans sa deuxième partie que cette saison 3 acquiert l’épaisseur qui la maintient à niveau.

L’élément du mystère de cette saison dans la partie présent est une lettre reçue au domicile de Shauna et dissimulée par sa fille, qui est bien décidée à faire la lumière sur le secret qui lie les Yellowjackets. Taïssa et Van se rendent compte que les règles de l’esprit de la forêt sont encore applicables, et elles pourraient sauver Van de son cancer. Lottie refuse de se faire oublier du groupe et Misty se remet difficilement de ce qui est arrivé à Natalie. Dans la forêt, les survivants ont survécu à l’hiver 1997 malgré l’incendie de leur maison et elles tiennent le coach Scott pour responsable de cet acte. La première partie de la saison décrit le calvaire du coach qui se retrouve capturé et jugé, puis gardé en vie de façon précaire sur la simple base de visions. Dans cet affrontement sourd avec les esprits de la forêt, Steven Krueger offre un beau chant du cygne à son personnage. Trois nouveaux personnages entrent ensuite en scène de façon surprenante. Ils viendront faire le lien de façon plus claire (mais toujours un peu nébuleuse, contruction à la Lost oblige) avec l’intrigue du présent et porteront un espoir de retours pour les survivantes qui souhaitent vraiment revenir, en nous offrant une nouvelle entrée en scène d’une actrice populaire au début des années 2000.

Comme les scénaristes avaient su le faire sur la saison 2, l’accent est porté sur la mise en avant de membres de l’équipe restées plus ou moins dans l’ombre jusqu’ici. Nous découvrons plus en détail Mari, Melissa et Akilah alors que les héroïnes continuent d’être développées avec une belle cohérence. La force des personnages de Yellowjackets ressort d’autant plus dans cette saison qu’elle est nourrie des épisodes futurs. Ainsi nous comprenons mieux la dépression de Natalie et de Travis, les personnages les plus humains de la troupe, et donc les plus sévèrement touchés par l’horreur vécue alors que la plupart des autres semblent fonctionner sur le déni. Depuis la dernière saison, Sophie Thatcher (Natalie, jeune) a pris du galon à l’écran et elle offre une performance bluffante en incarnation fébrile de la civilisation. Face à elle, Shauna incarne la folie et le côté absolu de l’esprit de la forêt. Dans le présent, nous la voyons aussi glisser vers cette folie tandis que les éléments qui faisaient sa vie de femme au foyer vacillent. Les personnages de Jeff et Callie parviennent à une certaine maturité qui les amène à considérer, après une nouvelle tragédie, la santé mentale déclinante de Shauna. Ce lent glissement promet pour le futur des épisodes du présent particulièrement noirs.
Tandis que le bodycount des Yellowjackets se poursuit et que l’horreur franchit de nouveaux crans, les showrunners se s’aménagent des séquences à la fois sombres et poétiques et ils offrent des pistes de développements intéressantes pour la suite. Les indices laissent supposer que nous aurons peut-être un autre niveau de narration et que nous y retrouverons les personnages mortes dans le présent. L’épisode final relève la barre très haut et il relance l’intérêt à un niveau supérieur que l’avait fait la fin de la saison 2. Tous les pouces reviennent vers le haut. On retrouvera avec plaisir ce casting féminin épatant pour une quatrième fournée.


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