Substitution – Bring her Back

Les frangins australiens Philippou se rappellent à notre bon souvenir deux ans après le très réussi La Main (Talk to Me) dans une production budgétairement plus ambitieuse. Substitution – Bring her back suit Andy et Piper qui – suite à la mort brutale de leur père – sont confiés à Laura, psychologue faisant office de famille d’accueil. Laura a aussi accueilli un autre enfant qui semble perturbé et elle manifeste une attitude qui ne rassure pas Andy, très protecteur envers sa soeur aveugle. Il n’a pas tout à fait tort car Laura cherche à accomplir un rituel de substitution pour faire revenir à la vie sa fille défunte dans le corps de Piper. C’est le début d’un bras de fer psychologique entre Laura et Andy. Parviendra t’il à sauver sa soeur des griffes de ce rituel horrible ? Est-ce que Laura finira par voir quelque chose dans le double jeu de cette mère de substitution ? Un substitut est-il mieux que l’original ?

Substitution est un bon film d’horreur thématiquement très proche de La Main. Les frères Philippou s’appliquent toujours à explorer des forces occultes exploitant la faiblesse psychologique d’une personne endeuillée. Laura (l’effrayante Sally Hawkins) est un personnage plus caricatural que celui de Mia, mais comme l’héroïne de La Main, elle est devenue une personne dangereuse pour elle-même et pour ceux qu’elle cotoie suite à la mort de sa fille. La nouveauté est que les scénaristes ne se focalisent plus uniquement (et leur empathie) sur la personne dérangée. Ils offrent ici un contrepoids dans l’exploration du lien entre un frêre et une soeur eux aussi touchés par le deuil. Leur approche de l’horreur se précise, entre un contexte et des personnages d’un grand réalisme, bien ancré dans notre époque, et une dimension psychologique forte. Dans Substitution, le drame intimiste rencontre le récit social et une horreur très frontale subie par un enfant (le film n’est clairement pas à mettre devant tous les yeux). L’enfer, ce n’est plus la pression malsaine d’un groupe d’adolescents irresponsable, mais le monde des adultes, garants de la protection de l’enfance qui peuvent d’un jour à l’autre basculer de l’autre côté pour devenir e des prédateurs.

Substitution est un peu moins surprenant et original que la Main, mais il n’y a pas une scène qui n’y sonne pas juste. La réalisation est efficace sans tomber dans un tape à l’oeil qui aurait pu rendre plus difficile à digérer un récit aussi naturaliste. Il confirme que la Main n’était pas un one shot. Il faudra compter avec ce duo australien dans les années à venir.

2 commentaires sur “Substitution – Bring her Back

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  1. Quand Laura se met à faire le ménage avant l’arrivée de Wendy et Andy, j’avoue, j’ai ri. Juste avant, je me disais « ils ne vont pas oser… » Ils l’ont fait.
    Sinon, je crois qu’il y a méprise sur l’interprète de Laura : c’est Sally Hawkins. Quant à Sophie Wilde, elle joue Mia dans « talk to me ». 😉

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