Emilio Portes était déjà venu poser ses guêtres à Gérardmer en 2012 avec Pastorela, un film sous l’influence diabolique d’Alex De la Iglesia. Trois longs métrages et quatorze ans plus tard, son nouvel opus don’t leave the kids alone est un de nos coups de cœur de l’édition 2026. Le réalisateur mexicain mixe toujours aussi habilement le fantastique et l’humour noir avec de une action constante qui ne laisse pas de repos, mais des personnages cette fois un peu moins archétypaux. L’action se déroule dans une maison neuve qu’une jeune mère est en passe d’acquérir. Pour finaliser le contrat, elle doit se rendre dans une soirée où se trouve le notaire, mais la babysitter décommande au dernier moment. Elle décide de laisser ses deux fils, Mati (7 ans) et Emilio (10 ans) seuls dans la maison. Les deux terreurs sont en joie de pouvoir faire ce qu’ils veulent, mais sont-ils vraiment seuls dans cette mystérieuse demeure ?

Don’t leave the kids alone se déroule dans les années 80 et son prémisce pourrait laisser penser à un ersatz de Maman j’ai raté l’avion, mais Portes préfère renverser la sauce ! On se retrouve plutôt devant une interprétation libre et cruelle des récits de maison hantée des années 80 avec un esprit qui prend pour cible deux bambins insupportables. Elle joue de la rivalité des frères pour les plonger dans une noirceur grimpante et dans une manipulation psychologique qui les dépasse. Portes sait faire monter l’adrénaline dans un montage alterné astucieux construit en cliffhangers entre les scènes avec les enfants dans la maison et les évènements de la soirée de la mère qui dévoilent progressivement l’histoire de la demeure. Les pièges qui s’accumulent dans la maison se font de plus en plus nombreux et on ne peut s’empêcher de frémir face à l’inconséquence des frère qui laissent un boulevard à cet entité délicieusement insaisissable.
