House of the Dragon – Saison 2

On ne vous en voudra pas si vous avez raté le coche de cette deuxième saison de House of The Dragon. Une saison 2 est importante pour consolider un public. Le faire attendre deux ans pour une suite de seulement huit épisodes, c’est une stratégie erratique, limite suicidaire pour une série tévé. En France, la suite de l’histoire de la Maison Targaryen a au mois le mérite de débarquer entre une crise institutionnelle et l’arrivée des Jeux Olympiques de Paris. Pour relativiser, rien de tel qu’un tour hebomadaire à Westeros où les choses sont vraiment pires. On avait quitté la princesse Rhaenyra sur l’annonce de la mort de son deuxième fils tué par le dragon de son demi-frère Aemond Targaryen. La fille de Viserys, connue pour sa tempérance, en venait à crier vengeance. Elle ne le pensait pas vraiment, mais le simple fait d’avoir exprimé ce désir déclenche le cercle vicieux qui mène à la guerre. Et quand la menace d’une guerre par dragons interposés se profile, le peuple a intérêt à bien se planquer.

Après une première saison à planter le décor, l’angle d’attaque des showrunners pour ces huit épisodes est différent de ce à quoi on pouvait s’attendre. La narration fait le ping pong entre les habituelles intrigues de Cour de King’s Landing, la salle de stratégie de Peyredragon et Harrenhal, où Daemon Targaryen (Matt Smith) constitue une armée pour Rhaenyra (ou pour lui-même?). Trois lieux principaux pour aboutir à trois climax importants autour des destinées de Rhaenyra, Alicent et Daemon. Emma d’Arcy, Olivia Cooke et Matt Smith continuent de porter la série. Les personnages secondaires, le redoutable prince Aemond en tête, connaissent des évolutions peu marquées car l’heure est encore aux coups portés dans l’ombre et à la constitution des alliances. Le seul affrontement ouvert de la saison est bref et inattendu, mais il vaut le coup d’oeil. Il emportera avec lui un des personnages les plus intéressants du show et changera le destin d’un autre pour lui donner une seconde chance de briller.

Les Stark et Daenerys étaient la boussole du bien de la série-mère. C’est à Peyredragon qu’échoue ce rôle dans House of the Dragon. En force d’opposition, Rhaenyra fait bouger les lignes des règles établies par sa maison et apporte en une saison un vent de progressisme proprement hallucinant. Une série sur les Targaryens laissait présager du cynisme, du désespoir et une barbarie plus importante que l’époque des Lannister. Mais l’ambiance est finalement plus légère et plus ouverte. On accueille avec le sourire l’initiative d’embarquer des dragonniers hors de la lignée royale directe. Après quelques déconvenues, Rhaenyra organise un concours Arthurien où l’épée Exalibur est remplacée par des dragons faiseurs de roi. C’est l’occasion de mettre en avant de nouveaux héros introduits avec plus ou moins de bonheur dans la première partie de la saison et qui ont pour vocation à remplacer les héros déchus (Pauvre Ser Criston Cole…). De façon générale, les créateurs (ou HBO?) semblent avoir une certaine difficulté à dépeindre une époque despotique et non inclusive sans y apporter son contrepoids dans le camp d’en face. C’est une limite de notre époque à laquelle Game of Thrones avait échappé du fait de son succès. On a aussi l’impression que le plus grand atout de House of the Dragon est dans l’annonce du grand Hiver à venir, un peu comme la trilogie The Hobbit ne pouvait s’empêcher d’annoncer le Seigneur des Anneaux au lieu de se concentrer sur sa propre intrigue. Un rééquilibrage des forces est nécessaire pour que la série soit plus flamboyante et moins frileuse dans la prise de risques. Mais tout est encore possible. House of the Dragon a des personnages suffisamment forts pour que les showrunners puissent étonner dans les deux prochaines saisons déjà commandées.

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