Stranger Things – Saison 5 Partie 2

Que vous ayez ou non regardé Stranger Things, il était impossible de ne pas savoir (sauf à ne pas sortir de chez soi et s’interdire le ouaibe) que la série des frères Duffer préparait sa bataille finale pour le 1er janvier 2026. Netflix a déployé une promo sans précédent pour conclure la saga 80’s des habitants de Hawkins. Sur les quatre derniers épisodes, deux avaient été lâchés le 25 décembre (le 26 décembre à 2h en France) et le dernier « film » de plus de 2h qui conclue la série a donc été diffusé pour inaugurer 2026. Les Etatsuniens et les Canada auront bénéficié pour la Saint Sylvestre d’une sortie en salles de ce dernier épisode limitée à 24h, qui engrangea en cette unique journée 25 millions de dollars.

Stranger Things est un cas particulier, un cumul d’exceptions, pour la chaîne qui a prolongé peu de séries sur une période de 10 ans. Netflix aime frapper fort, mais elle annule beaucoup de titres prestigieux mais trop chers et c’est souvent ses mini-séries qui bénéficient d’un grand succès. C’est aussi une série inégale, qui a pris son temps pour passer de la série nostalgique des classiques Amblin des années 80 à un show qui entretient sa mythologie et dépasse son statut de divertissement. Un temps qui aura bénéficié à son casting d’enfants stars et qui aura alimenté l’aura des 80’s fictionnels. Les générations nées dans les années 90 auront grandi à Poudlard. Celles nées vers la fin des années 2000 sauront tout sur les Démogorgon, l’Upside Down et les années 80. Les frères Duffer sont bien conscients que l’aura d’une série peut voler en éclats avec un final décevant. C’est sans doute pour celà qu’ils ont choisi la solution de sécurité : Un happy end global (à une exception près) et une conclusion à rallonge qui suit les personnages, tout en mettant en perspective le sens global de leur série et leur place dans la série.

SPOILERS

C’est dans une réunion émouvante que les enfants de Hawkins tournent la page de leur enfance et cèdent la place à d’autres enfants (la génération des années 90 de Holly et ses camarades) qui découvriront à leur tour l’imaginaire des jeux de rôles. Chacun a prouvé sa valeur et acquis dans la réalité le statut fictionnel qu’il convoitait : le barde, le mage, le guerrier, le narrateur (…) et ils poursuivront leur vie d’adulte avec ces acquis. Les frères Duffer auraient pu conclure sur deux heures de grand spectacle et couper net après la bataille, mais ils n’auraient pas pu alors se réapproprier leur univers, leurs personnages et imposer leur grille de lecture. Il y’a aussi peut-être une envie de prolonger le plaisir de suivre les personnages, de consolider leur évolution, de faire des renvois aux saisons précédentes. Les showrunners ne sont pas avares de « cadeaux ». Même si les coups de coude coupent l’action et avancent la résolution à 50 minutes de la fin du dernier épisode. Peu importe. Même si ces personnages ne figureront pas parmi les plus mémorables des séries tévé (ils restent un peu trop archétypaux), ils nous ont offert un paquet de beaux moments et on apprécie de les accompagner après la bataille.

Cette bataille finale plus courte que prévue n’en est pas pour autant baclée. Après le coup d’éclat de la fin de première partie, les trois épisodes qui nous y préparent permettent de faire revivre Kate Bush une dernière fois dans une évasion (presque) aussi épique que la première évasion de Max. Le personnage de Will connaît de nouveaux doutes et un moment pivot dans un coming out qui conclue en beauté le personnage. Forte des moments passées avec ses amis, Eleven s’est appropriée sa vie et elle avance vers son destin la tête haute. Dans une gymnastique qui lutte contre le temps et l’imminence du passage à l’action de Vecna, chacun aura son amorce de conclusion pour préparer le dernier épisode. Le moment venu, les frères Duffer sauront de façon satisfaisante et propre solder les enjeux pour aller de l’avant (Les seuls personnages qui ne s’en sortent pas étaient, rétrospectivement, condamnés à ne pas pouvoir vivre une vie normale).

L’ironie est que dans cette dernière saison, ce ne sont pas les anciens qui auront le plus brillé. La jeune Nell Fisher qui a pris en main le personnage d’Holly Wheeler et Jamie Campbell Bower (Henry/Vecna), un bad guy de première catégorie, occupent à eux seuls une grande partie de l’espace de cette saison. Ils évitent de n’en faire que la saison de toutes le conclusions, apportant une intrigue et des enjeux ancrés dans le présent. En somme, ce grand final prend peu de risques, il est loin d’être prodigieux, mais il est à la fois émouvant, cohérent et près de ses personnages jusque dans sa dernière image. C’est une belle fin de série.

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