The Heretic

Deux jeunes missionnaires mormones d’une petite ville du Colorado font du porte à porte dans l’espoir de convertir les habitants. Elle rendent visite à Mr Reed, un excentrique local qui a demandé des informations sur leur Eglise. Les jeunes femmes réalisent très vite qu’elles sont tombées dans un piège.

En dire plus serait déflorer un jeu dont vous êtes le participant au même titre que les personnages, et aussi gâcher une grande partie du plaisir du film. Toute proportion gardée, le scénario très ludique de Scott Beck et Bryan Woods (scénaristes de Sans un Bruit) renvoie plus au Limier qu’à un thriller ou un film d’horreur connu. Il n’atteint pas le degré de perfection du film de Mankiewicz, mais il aspire pareillement à faire apprécier au spectateur un affrontement intellectuel dans un huis clos. Il vise même à le sortir de sa zone de confort en démontant les porteurs de vérités morales sécurisantes. The Heretic est un film sur les « vendeurs de foi » qui porte sur une grande partie de sa durée le point de vue de l’athée sur la religion, mais il ne prend pas pour autant de haut les deux missionnaires. Pour le geolier, le piège est destiné à prouver un point à ses prisonnières. Pour les scénaristes, le but est d’utiliser ce personnage pour mettre en place une situation qui fera (re)naître la réflexion et les conditions du libre arbitre.

Après une entrée en piste intriguante et tendue, Mr. Reed orchestre une démonstration de sa thèse formatée culture pop qui parlera autant à l’érudit de théologie qu’à un public de jeunes « profanes ». Tous les éléments du film d’horreur et du thriller comme la construction en forme d’escape game sont autant de ressorts pour garder le spectateur en alerte, déclencher cette urgence et le mettre en condition pour qu’il aille chercher les réponses en lui, et non dans des idées préconçues, pour qu’il adapte sa foi sans devenir une marrionnette. Hugh Grant campe un bad guy aussi charmant que destabilisant, tantôt complice et tantôt effrayant. Ce Mr. Reed est sa composition la plus savoureuse depuis son grand retour il y’a quelques années. Sophie Thatcher (vue dans Yellowjackets) et Chloe East (The Fabelmans) prennent la main à tour de rôle pour dévoiler des personnages plus complexes qu’elles ne laissaient présager. The Heretic est en somme un film original et très bien mené qui mérite d’être vu et revu.

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