La Légende de Baahubali – L’Epopée – బాహుబలి: ది ఎపిక్

Dans l’Inde médiévale, une femme blessée porte à bout de bras un bébé alors que les eaux montent. Elle meurt, mais le bébé est sauvé des eaux. Shiva montre vite une persévérance et une force qui étonnent sa tribu d’adoption. Depuis sa plus tendre enfance, il s’évertue à escalader une vertigineuse cascade qui domine son village. Lorsqu’il y parvient, adulte, il découvre un autre monde qui s’étend à l’horizon. Il y fait la rencontre d’Avanthika, une guerrière rebelle qui lutte pour libérer la reine Devasena, prisonnière depuis 25 ans de l’empire de Mahishmati et du tyran Bhallaladeva. Amoureux, Shiva décide de lui venir en aide. Il découvre dans son aventure qu’il est Mahandra Baahubali, le prince héritier du royaume. Il devra entendre l’histoire de son père avant de s’engager à reconquérir le territoire qui lui revient de droit.

La légende de Baahubali est à l’origine un film en deux parties sorties en salles en 2015 et en 2017. Un des films les plus rentables du cinéma indien qui comptabilise 100 millions d’entrées rien que pour son second volet. Un immense succès populaire qui rejoint la prouesse artistique. Après le succès de Eega, S.S Rajamouli (futur réalisateur de RRR) prend le virage du récit initiatique épique, entre tragédies familiales pour l’accession aux trône, batailles dans le sillage du Seigneur des Anneaux ou des Trois Royaumes de John Woo, chants et danses grandioses dans la tradition du cinéma indien. La Légende de Baahubali étonne par la fluidité et l’originalité de son scénario, trois grands blocs qui parviennent à lier le passé à l’époque présente, en ramassant une fresque familiale qui aurait pu s’étendre sur trois ou quatre chapîtres en une seule et unique grande aventure. Cette structure met en valeur les liens du sang, le passé et l’importance du récit dans la transmission, qui se matérialisent notamment à travers le personnage de Kattapa, ancien esclave devenu successivement protecteur de la Reine Mère, témoin de l’Histoire et passeur pour le futur. C’est galvanisé par le récit – au même titre que le spectateur – que Shiva embrassera l’identité de Bahubali et conduira la révolte du peuple contre son tyran. La légende de Baahubali montre la grande maturité du cinéma indien pour les ruptures de ton, pour passer du drame à la comédie, de la romance au récit guerrier, du récit social à la romance. Ses personnages forts restent longtemps en tête.

Pour les dix ans du premier volet, SS Rajamouli a réussi la prouesse de condenser encore ces deux volets en un seul et unique, La Légende de Baahubali, l’Epopée, un director’s cut qui ramène une oeuvre de 527 mn en un film épique de 3h48. Cette version est sortie mondialement et dans une poignée de salles françaises le 31 octobre dernier. Cette nouvelle version offre des effets visuels et un son optimisés, ainsi que la possibilité de projections en IMAX (malheureusement peu exploitée chez nous). Bref, un évènement aussi important que le retour d’Avatar, mais qui n’aura pas eu la même ampleur, compte tenu de la niche dans laquelle se trouve encore le cinéma indien dans nos contrées. Le simple fait de voir le film sur grand écran (les deux parties étaient depuis quelques temps visible sur Netflix) est un vrai bonheur car il peut être apprécié dans toute son ampleur et dans les moindres détails de ses décors. Mais la condensation en un film densifie un récit déjà très dense à l’origine, s’obligeant à supprimer un grand nombre de moments qui faisaient respirer l’intrigue. On sera donc heureux que Carlotta, déjà en charge de la distribution du director’s cut, projette une sortie prochaine en bluray des deux volets dans une superbe édition prestige. L’objet est alléchant et on ne saurait trop vous conseiller de l’acquérir pour pouvoir le voir et le revoir sans se soucier des aléas des plateformes.

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