Sisu : Le Chemin de la Vengeance / Road to Revenge

En 1946, la Finlande a cédé la Karélie à l’Union Soviétique. Suite aux évènement de Sisu : De l’Or et du Sang, l’increvable Aatami Korpi rentre chez lui sur les nouvelles terres soviétiques et retrouve sa maison où sa femme et ses deux-fils ont été assassinés quelques années plus tôt. Pour leur rendre hommage, il est déterminé à déconstruire sa maison pour la reconstruire dans un autre lieu plus sûr. Mais les russes en ont décidé autrement : Ils libèrent d’une prison sibérienne le dangereux criminel Yeagor Draganov (Stephen Lang) qui a tué sa famille avec une mission : Supprimer Korpi, qui est devenu un symbole de rebellion trop gênant suite à son massacre des troupes de l’Armée Rouge durant la Guerre d’Hiver. L’ancien commando et son fidèle compagnon canin se retrouvent bientôt face à une armée de professionnels décidés à les poursuivre jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais il y’a plus de soucis à se faire pour tous ces gens qui n’ont pas vu le premier film. Aatami Korpi n’a toujours pas l’intention de se laisser tuer.

Suite au succès du premier Sisu, le réalisateur finlandais Jalmari Helander (Rare Exports) rempile avec un budget encore plus confortable de 12 millions d’euros qui en fait un des films finlandais les plus chers. Et comme Jalmari Helander est un réalisateur généreux, le moindre de ces euros se voit à l’écran de cette suite qui répond à la règle cameronienne qu’un no 2 doit surpasser le premier dans sa formule. Il a d’ailleurs débauché pour l’occasion un acteur de James Cameron, Stephen Lang – le colonel Quarritch d’Avatar – qui quitte son costume Na’vi pour soutenir un face à face de vieilles ganaches proprement réjouissant. Il aura pour lui seul les plus belles tirades du film puisque face à lui, Jorma Tommila (beau-frère du réalisateur, présent dans tous ses films) est toujours aussi mutique que dans le premier volet. Poursuivi sur la route par des véhicules, des motos, puis des avions de guerre, noyé et torturé jusqu’au sang, l’acteur supporte un rôle étonnamment physique qu’il tire vers le sommet en dépit de ses 67 printemps. L’alchimie entre le vieil homme impitoyable et son chien affable fait beaucoup dans l’humanisation du surhomme.

Film d’action sous de belles influences (Mad Max est toujours là, tout autant que les westerns italiens), Sisu : Le Chemin de la Vengeance sait parfaitement mettre en valeur les beaux paysages d’Estonie où il a été tourné. Il comporte de nombreuses scènes d’actions réalisés au cordeau, quelques beaux débordements gores et il affiche une hargne plutôt réjouissante. Helander va souvent très loin dans le grotesque assumé (on est souvent à la limite du cartoon), mais il sait suffisamment contrebalancer avec le drame de son personnage et pousser l’adrénaline juste comme il faut pour nous livrer une fois de plus une série B d’action qui fait passer un excellent moment. Il n’y a pas une minute de gras sur ces 1h29. Le succès au box office n’a pas été au rendez-vous, mais le film cartonne sur Netflix aux USA et on espère pour lui une aussi belle carrière en DVD/BluRay (sorti chez nous le 25 février dernier). Il serait dommage de ne pas conclure une saga pareille avec un troisième volet.

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