American Dollhouse

Ce jeudi soir à l’Etrange Festival, on pouvait découvrir un slasher survival qui parvenait contre toute attente à dépoussiérer un peu un genre usé. Dans une banlieue pavillonnaire américaine typique, American Dollhouse suit la très perchée Sarah qui a décidé de reprendre la maison de sa mère après sa mort, en dépit de ces mauvais rapports avec celle-ci. Elle et son frère son abordés par une étrange voisine, Sandy, qui se fait encore plus insistante les jours suivants. Sarah commence à angoisser et à retomber dans ses travers, tandis qu’une menace latente s’affirme de plus en plus. Passé et présent vont se résoudre dans une douloureuse conclusion sous les lumières de Noël.

La dernière maison sur la Gauche et Massacre à la Tronçonneuse ont depuis longtemps fêté leurs 50 ans respectifs, et les copistes peu inspirés ont été nombreux sur leur terrain. Tenter le coup d’un survival premier dégré original en 2026 relève de l’acte de foi. Le second long de John Valley (Pizzagate Massacre) relève plutôt bien ce défi. Son histoire n’est pas particulièrement originale. Nous retrouvons le trauma déclencheur de la folie de Psychose, une tension hitchcockienne, une forme de sauvagerie sèche des proto-slasher 70’s (ceux qui ont préfiguré Halloween de John Carpenter) et un dernier acte « familial » qui tutoie le grotesque. C’est dans l’exécution et la mise en valeur du cadre que le réalisateur tire son épingle du jeu. Il crée un enfermement autour de la maison qui nous fait même oublier que le voisinage est étrangement vide. La paranoïa monte crescendo pour notre anti-héroïne paumée alors que l’abri qu’elle pensait se trouver révèle tous ses défauts (en plus d’un trou dans le toit). Le spectateur est aussi sur le qui-vive, car l’irruption de cette femme en survet rose peut à chaque instant être imminente. Son premier forfait nous prendra pourtant de cours.

Mais American Dollhouse ne serait rien sans ses acteurs, tous naturels et immédiatement identifiables. Ils rendent les évènements plus authentiques, presque vraisemblables, et participent grandement – avec la réalisation – à l’immersion propice à la tension du dernier acte. Hailley Lauren est parfaite en héroïne imparfaite, final girl improbable d’une aventure qui aurait pu être destinée à plus sage qu’elle. L’ironie se retrouvant dans cette injonction à jouer un rôle de mère qu’elle a toujours cherché à éviter.

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