Avatar : De Feu et de Cendres – Fire and Ash

On en parlait le 31 décembre dernier, le cinéma ne va pas si mal. Avatar est un bel exemple de comment il est encore possible de faire déplacer le monde dans les salles. Dans sa troisième semaine, le troisième volet de la saga Na’Vi de James Cameron a atteint les 7 millions d’entrées en France, ce qui est un peu moins que le premier volet et nettement moins qu’Avatar 2 à ce stade de leur exploitation, mais la recette fonctionne toujours. Nous retrouvons donc le clan de Jake Sully et les Na’Vi des eaux du deuxième volet au sortir de la bataille qui coûta la vie au fils aîné de Sully et de Neytiri. Alors que les humains préparent leur attaque sous l’impulsion de leur générale et du Na’Vi qui possède les souvenirs de Quarritch, les pacifistes font face à une attaque venant de l’intérieur. Une tribu de violents renégats, le peuple de feu, qui a tourné le dos à la nature les attaque et parvient à capturer les enfants Sully. Lors de cet épisode, « Spider » (le fils du vrai Quarritch qui a été élevé par les Sully) est sauvé par Kiri, qui lui insuffle sans trop savoir comment la capacité à respirer dans l’armosphère Na’Vi. Na’Vi Karritch et la cheffe des renégats s’allient pour mener l’assaut final qui dépossèdra les autochtones de leur terre natale.

Avatar : De Feu et de Cendre est aussi dense que peut l’être le troisième film d’une trilogie, et c’est un spectacle à la hauteur. Dans une salle Dolby (à 25 euros la place, il faut le dire), enfoncé dans un grand fauteuil et armé des maintenant plus rares lunettes 3D, les 3h17 passent très vite, et elles sont nettement plus haletantes que les 3h12 du deuxième volet. Maintenant qu’il n’y a plus d’exposition, ni une foule de nouveaux personnages à introduire, James Cameron et son équipe tirent les fruits des arcs semés et du monde créé. Avatar 3 est un film sur le deuil, sur la difficile acceptation de la différence, sur la contagion de la violence, sur la force de la spiritualité et comme ses prédecesseurs, il déballe le rouleau compresseur d’une humanité qui a épuisé sa planète et qui poursuit sa fuite en avant sur Pandora.

Lors de sa sortie en 2010, la communion par branchement sur la nature et l’extrême empathie que Cameron cherchait à transmettre envers les américains natifs à travers les Na’Vis pouvaient ressembler à de la naïveté. Mais le défi de mettre le spectateur dans la peau d’un autre espèce et de placer l’être humain dans la position du prédateur, tout en conservant les bonnes faveurs du box office, n’était peut-être possible que pour James Cameron. On se surprend lors de ce troisième volet à apprécier cette empathie constante et cette main tendue permanente vers une forme de compréhension du monde et de la nature, tant elle est devenue une denrée rare en l’espace de 15 ans. Les personnages n’ont pas gagné beaucoup plus d’envergure, mais le scénario a suffisamment de ramifications pour nous embarquer et nous délivrer, au milieu de ce grand bestiaire, quelque scènes fortes et universelles. Sans l’immersion créée par James Cameron et ses magiciens de la 3D, ces scènes résonneraient peut-être moins.

Il est aussi grisant de voir comment une petite bouée lancée à qui serait diverti de la séance peut d’un coup réimmerger instantanément, et trente minutes plus tard, rien ne peut vous sortir du film. Avatar reste une histoire simple qui ne fait qu’essayer d’intégrer. C’est une expérience réalisée par des professionnels qui connaissent leur métier (ce qui n’est plus si commun) et un réalisateur qui connaît tout du public (ce qui l’est encore moins). Faute de combattants de sa trempe, la vague 3D qu’il a lancée en 2010 n’aura pas perduré. Mais il persiste à poursuivre dans le même univers, et à chaque nouvelle brique, on se rend compte que finalement, il a peut-être trouvé la recette la plus universelle possible du dépaysement. Quelque chose qui ne bouscule pas trop les codes narratifs, qui ne va pas occasionner des réactions polarisés, juste une petite bouffée d’air frais dans un autre monde et dans la peau de quelqu’un de différent.

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑