Good Omens 3

Propulsé archange suprême par le Metatron (Sir Derek Jacobi) à la fin de la saison dernière, Aziraphale (Michael Sheen) a fort à faire pour préparer la seconde venue de Jesus Christ sur notre bonne vieille Terre. Il la veut inspirante et fédératrice, là où les autres archanges ne seraient pas contre une bonne vieille apocalypse des familles. Il pourrait enfin imposer sa vision si une série de déconvenues ne venaient pas toucher le paradis : Le Metatron est proprement dissous et le livre de la vie qui contient tous les éléments de la création disparaît. Jesus se retrouve sur Terre dans la précipitation tandis qu’Aziraphale retrouve son compère Rampa (David Tennant) pour éviter une fin de toute chose de plus en plus imminente.

Suite aux accusations de violences sexuelles portées contre Neil Gaiman, le scénariste et sa boîte de production se sont retirés de la série Good Omens, et Amazon a laissé à Peter Atkins et Michael Marshall Smith le soin de se débrouiller pour condenser les six épisodes initialement prévus en un épisode spécial de 90 minutes avec un budget réduit. Parfois, un petit miracle peut émerger de la contrainte. Ce n’est pas le cas pour cette saison qui nous plonge dans une intrigue à toute vitesse pour mieux sauver sa conclusion, également conclusion de la série. C’est un peu comme si les deux premiers épisodes de la saison avaient été condensés avec son dernier.

Le sacrifice majeur de cet épisode spécial est la seconde venue du Christ (Bilal Hasna), idée qui pouvait développer des situations hilarantes, en miroir de la saison 1 qui relatait la venue de l’Antechrist. Nous pourrons profiter d’un germe, d’une poignée de scènes finement écrites, truffés d’un humour et de rencontres hautes en couleur dans la lignée de la première saison…jusqu’à ce que sonne l’heure de remballer. La fin de l’univers attend derrière, avec un beau dialogue philosophique entre Dieu, Lucifer et nos deux héros et la conclusion de leur aventure. Peux t’on vraiment blamer cet embryon d’aventure ? L’ absurde Pratchettien qui régit les aventures d’Aziraphale et Rampa aide à passer les raccourcis abruptes un peu non-sensiques et les scénaristes auraient eu bien tort de ne pas soigner la fin de la série. En l’état, elle est plutôt émouvante et la fin de l’histoire d’amour entre Aziraphale et Rampa est bien moins guimauve que ce à quoi on aurait pu s’attendre. En somme, l’honneur est sauve, et même un peu plus.

Ce « un peu plus » est à mettre au crédit du beau casting qui continue d’enchanter cette petite série. Michael Sheen et David Tennant sont toujours aussi exceptionnels. On aura du mal à dire au revoir à cette osmose bien réelle entre les deux acteurs. A l’instar de la saison 2, de bonnes têtes rejoignent la distribution, parmi lesquels Mark Addy (The Full Monty, Chevalier, Game of Thrones), Sean Pertwee (Dog Soldiers, Gotham) et Toby Jones, qu’on ne présente plus, en Satan plutôt décontracté. Ils rejoignent les anges Michael (Doon MacKichan), Muriel (Quelin Sepulveda), Uriel (Gloria Obianyo) et Sandalphon (Paul Chahidi) et leurs homologues des enfers, en tête la très dépassée Dagon (Elizabeth Berrington). Il est aussi à mettre au beau tableau de chasse de Rachel Talalay. Après avoir shooté les meilleurs épisodes de l’ère Steven Moffat de Doctor Who, la réalisatrice parvient à donner un rendu suffisamment rythmé et convaincant à l’aventure pour qu’au final, on retienne plus ses bons moments que ses promesses manquées. cet épisode spécial ne nous emportera pas au paradis, mais il ne déshonorera pas non plus Terry Pratchett, lui adressant même au passage un beau petit hommage. On peut maintenant attendre avec impatience la prochaine adaptation de l’auteur à l’écran et la prochaine réunion du tandem Sheen/Tennant dans un autre univers. A moins que…

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