The Good Boy

A 19 ans, Tommy abuse des drogues et poste régulièrement sur son compte instagram des vidéos d’agressions. Un soir d’excès en tous genres, il est enlevé dans la rue et enchaîné dans le sous-sol d’une maison de campagne dans le Yorkshire. Les occupants des lieux sont une famille d’apparence normale qui comprend Chris (Stephen Graham), sa femme recluse Kathryn et leur fils de 10 ans, Jonathan. Chris qui s’est donné pour mission de réhabiliter Tommy. Pour l »aider dans cette tâche, il a recruté une employée de maison, Rina, jeune macédonienne au statut d’immigration précaire. Face au chantage du père de famille, Rina est contrainte de garder le silence sur les évènements qui se passent dans la maison. La famille manifeste paradoxalement une attitude de bienveillance envers Tommy et envers Rina. D’abord très agressif, la volonté de Tommy finit par céder face à la discipline instauré par Chris.

The Good Boy est né de la rencontre du producteur / réalisateur polonais Jerzy Skolimowski (Le cri du sorcier, le bateau phare) et de son compatriote le réalisateur Jan Komasa (Corpus Christi). Originellement, le scénario devait se dérouler à Varsovie, et il fut transposé en Angleterre comme appel à une plus large audience. Il faut applaudir la transposition car le premier film en anglais de Komasa possède un ADN très anglais, autant qu’il est difficile de concevoir qu’il aurait pu avoir lieu ailleurs et avec un autre casting. Son pitch de départ pourrait laisser penser à un Orange Mécanique moderne teinté de vigilante movie. The Good Boy n’est rien de tout ça. Le scénario de Bartek Bartosik et Naqqash Khalid ne prend même pas les territoires balisés du survival. Ce qui l’intéresse, c’est l’ambiguité des geoliers et le lien qui se construit peu à peu entre eux et Tommy, qu’ils ne voient pas comme leur prisonnier.

The Good Boy s’abstrait de tout manichéisme pour mieux explorer des personnages plus fascinants qu’ils n’en ont l’air, fort d’un casting sans fausse note. Auréolé du succès d’Adolescence, Stephen Graham nous offre une de ses performances les plus chirurgicales en père de famille à « mission ». Alliant bienveillance, fermeté et une implacable détermination, il déstabilise. Andrea Riseborough (Possessor) excelle en femme presque mutique, une sorte de présence spectrale qui finira par s’animer. Le jeune Kit Rakusen étonne par sa justesse. Face au convaincant Anson Boon, ils tissent une relation contrenature qui prend racine dans les besoins de chacun. Nous n’en saurons pas beaucoup des backgrounds de ces personnages, mais le film est suffisamment habile pour suggérer. A sa façon déviante et sous ces dehors tapageurs, The Good Boy est une fable moderne qui décrit la rencontre d’un deuil insoutenable et de la colère d’un abandon parental. Un chemin étonnant qui se confirme dans un final qu’on aurait pas vu venir.

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Le film sortira en salles en France le 11 novembre 2026.

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