Evil Dead Rise

Les mots Evil Dead sont porteurs de promesses : Un livre des morts, une entité maligne qui s’éclate à faire souffrir le plus possible les pauvres mortels qui ont eu le malheur de la convoquer, la folie, le rythme sans temps mort, l’inattendu, une réalisation en roue libre, une horreur très graphique et généreuse et ASH. ASH compte pour 50%, il faut le dire. Un Evil Dead sans Bruce Campbell, c’est déjà un autre film. Le remake de Fede Alvarez sorti en 2013 avait beau compenser par une approche sérieuse et une thématique forte, il ne s’en sortait que par une certaine générosité, et cette forêt qui le rapprochait des deux premiers volets de la franchise. Et encore…qui se souvient de ce remake autant que la trilogie d’origine ? Pour ce cinquième film, le réalisateur Lee Cronin (Hole in the Ground) s’affranchit de la forêt pour placer l’action dans un immeuble urbain, loin de tout folklore. Le contexte est lui aussi d’une grande banalité : Une femme que son mari a laissée seule avec ses trois enfants, sa soeur enceinte et irresponsable, des ados et pré-ados normaux, des voisins peu caractérisés. Comment le grand-guignol et la folie de Evil Dead peut-elle s’accorder avec un univers aussi terne? Elle ne s’y accorde tout simplement pas.

Sur l’ensemble du film, l’impression est constante de voir un décalage entre cet univers, l’empathie que le réalisateur cherche à nous tirer (en vain) pour les personnages et les jeux pervers de l’entité. Lee Cronin a compris que l’humour manquait cruellement au remake de Fede Alvarez. Aussi on sent poindre quelques germes de l’humour noir typique de la série, mais aussitôt réfrénés par le sérieux de l’entreprise. Les personnages secondaires, les enfants, l’entité maléfique, tout semble contenu et lissé et on espère jusqu’au bout que le film ne sorte complètement de son carcan. Un carcan de références plus sages que ce qu’elles citent, de passages obligés et de thématiques. Hé oui, la thématique – le meilleur atout du moindre effort – est de retour. On pourra parler de la peur de la maternité, de la peur de l’enfant de perdre le repère maternel, du burn-out de la mère célibataire. Cela n’évitera pas de voir que la réalisation de ce nouvel Evil Dead, qui se verrait plus comme un succédané de l’Exorciste, [REC] et The Descent (pour l’aspect cathartique) est d’une grande platitude, soit l’inverse du bouillonnement de créativité des trois premiers films. Cela n’évitera pas de voir que l’aspect horrifique sur lequel Lee Cronin mise presque tout est lui aussi moins efficace que le premier volet. Que Sam Raimi, Robert Tappert et Bruce Campbell soient à la production sous la houlette de leur boîte de prod Renaissance Pictures ne convaincra pas plus. On préférera revoir la série Ash vs Evil Dead, même si elle ne délivre aucun message. Au moins, elle sert suffisamment de fun, d’inattendu et de rythme pour qu’on puisse passer un bon moment. Elle constitue aussi un bon point final à une franchise qui n’a plus rien à donner quand elle devient trop sérieuse.

Réalisation : Lee Cronin

Scénario : Lee Cronin

Directeur de la photographie : Dave Garbett

Montage : Bryan Shaw

Musique : Stephen McKeon

Chef Décorateur : Nick Bassett

Direction Artistique : Nick Connor

Production : Romel Adam, Richard Brener, Bruce Campbell, Moira Grant, Macdara Kelleher, John Keville, Dave Neustadter, Victoria Palmeri, Sam Raimi, Rob Tappert

Pays : USA

Durée : 1h37

Sortie en salles le 19 avril 2023

Acteurs Principaux : Alyssa Sutherland, Lily Sullivan, Nell Fisher, Gabrielle Echols, Morgan Davies, Anna-Maree Thomas, Richard Crouchley

Genre : Horreur

Note : 5/10

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