La Momie est de retour, mais ce nouvel opus n’a rien à voir avec le blockbuster d’aventures de Stephen Sommers avec Brendan Fraser. Dans le sillage d’Invisible Man (2020) et de Wolfman (2025), le nouveau film de Lee Cronin (Evil Dead Rise) est le nouvel avatar d’une série de films d’horreur portés par BlumHouse Pictures et inspirés très librement des classiques des Universal Monsters des années 30. Le but étant de rendre ces classiques plus « réels » pour notre époque avec un budget modeste et un premier degré assumé. Le Réveil de la Momie est le film le plus ténébreux des trois, baigné dans une atmosphère de polar et dans le folk horror égyptien. Il bénéficie surtout de maquillages impressionnants qui graveront chaque apparition de cette momie dans votre esprit. Lee Cronin situe son intrigue entre l’Egypte et le Nouveau-Mexique, une famille américaine en déplacement en Egypte étant confrontée à l’enlèvement de l’aînée de la famille utilisée pour satisfaire un rituel occulte. Quelques années plus tard, le corps est retrouvé dans un cercueil suite à un accident de transport en avion. Katie est toujours vivante, mais méconnaissable et mutique. Ses parents (Jack « Midsommar » Raynor et Laia Costa) la ramènent en Amérique, persuadés qu’avec le temps, elle pourra de nouveau s’adapter, mais que s’est-il réellement passé pendant ces années d’absence ? Quelque chose de vraiment pas joli et qui paraît encore plus glauque dans une qualité VHS…

Dans ces deux premiers tiers, Le Réveil de la Momie coche les cases du cahier des charges en nous mettant face aux tourments bien réels de parents confrontés à la disparition de leur enfant, d’un père rongé par la culpabilité obsédé par la recherche de la vérité et d’une mère prête à tout pour protéger ce qu’il reste de sa fille. Mais Lee Cronin a d’autres idées en tête. A mesure qu’on avance dans la résolution du mystère, le polar folk horror égyptien se rapproche révèle une proximité avec les esprits malins d’Evil Dead pour l’assumer entièrement dans son dernier tiers, injectant dans le film – avec bonheur – un peu de la folie de la saga. Le déchaînement gore qui s’en suit ne plaira pas à qui s’attendait à un drame horrifique réaliste, mais le mélange prend plutôt bien. Le Réveil de la Momie se révèle être une meilleure greffe d’Evil Dead en milieu familial que ne l’était Evil Dead Rise. Lee Cronin a toujours du mal à se concentrer sur son sujet et à digérer ses multiples influences horrifiques, mais ce qu’il nous propose ici est plutôt cohérent, moins fouilli et réserve de bons moments. Il lui manque peut-être de s’émanciper des sagas existantes pour trouver un vrai point d’équilibre.


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