
Le bébé de Dave Filoni et Jon Favreau délaisse (un temps?) le petit écran pour se frotter à nos salles de cinéma dans une aventure étirée de 2h12. Ce Mandalorian & Grogu, premier long-métrage Star Wars depuis 2019, n’est rien de moins qu’un long double-épisode de la série The Mandalorian. Pour le meilleur, lorsqu’on apprécie l’univers construit autour de Din Djarin / « Mando » et Grogu. Pour le pire, lorsqu’on s’attend à un feu d’artifice cinématographique qui fera converger le nouvel univers Star Wars. On se rangera plutôt du premier côté car cette aventure ne se perd pas dans le fan service, ni dans la déférence sur le passé de Star Wars. En dépit de quelques scories, elle sait se concentrer sur ce qui a fait le sel de la série, en faisant avancer nos deux héros et en soldant avec brio les enjeux sur la résurgence de la dynastie Hutt dans le milieu de la contrebande introduits dans The Mandalorian et dans The Book of Boba Fett.

Suite à la fin de la saison 3 de la série, Din Djarin et Grogu sont devenus des électrons libres qui gravitent autour de la Nouvelle République, des mercenaires qui capturent les cellules émergentes d’un Nouvel Empire pour arrondir leurs fins de mois. Suite à une mission, la colonelle Ward de la Nouvelle République (Sigourney Weaver) les récompense avec un beau vaisseau qu’ils gagneront complètement en capturant l’énigmatique Coin. Les renseignements sur sa localisation seront fournis par les jumeaux Hutt, héritiers de Jabba en échange de la libération de Rotta, le fils de Jabba, qui a été fait prisonnier sur la planète Shakari. Arrivé sur les lieux, Din-Djarin découvre que Rotta se bat dans les arènes du puissant criminel Janu et qu’il entend bien ne pas rentrer chez lui.

Et vogue le merchandising…
D’un combat de gladiateurs qui reproduit les pièces du jeu de Sabbac de l’épisode 4 (le jeu auquel jouent Luke, Han et Chewbacca) à l’affrontement d’un monstre dans les entrailles du repaire des Hutt en passant par quelques sympathiques combats dans l’espace, The Mandalorian & Grogu décline de nombreux acquis de la trilogie originelle tout en proposant des variations originales. A aucun moment on n’est époustouflés par ce qui se joue sur l’écran, ni par les effets spéciaux déployés, mais on suit avec intérêt l’évolution des rapports entre Din-Djarin et son protégé. D’abord en situation de force, ce dernier se voit mis à terre et la charge de la survie et de la protection incombera au jeune Grogu. Jon Favreau ménage bien l’action et l’humour, se permettant même d’adjoindre à Grogu des petits alliés innattendus qui raviront le jeune public et les vendeurs de jouets.
Le film est un festival de créatures non humaines en CGI qui gravitent autour de marionnettes, dans un esprit qui rejoint parfois celui des films d’aventure de Jim Henson des années 80 tout en gardant l’esprit de western S-F de la série. Le tout est bien rythmé, sur une orchestration agréable de Ludwig Göransson (lorsqu’il ne nous sert pas de l’électro). Martin Scorsese viendra même faire son entrée dans le StarWarsverse dans un petit rôle haut en couleurs. On en sort agréablement diverti et avec l’envie de suivre une nouvelle saison des aventures du duo. On regrettera tout de même que les producteurs n’aient pas inclus de concept-arts défilant sur fond du thème principal dans le générique final car c’était une des facettes les plus cinématographiques et un des apports les plus originaux de la série.





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